Enseignement Maternel

Aperçu des sections

  • Introduction

    Filles - Garçons : une même école ?... Une interrogation qui a du sens ?

     

  • Environnement institutionnel

    Interrogeons nous sur l'environnement institutionnel en maternel.

  • Environnement physique

    Interrogeons-nous sur l'environnement physique en maternel.

  • Environnement pédagogique

    Super U propose un magazine de jouets "dé-genrés"

    fille avec voiture téléguidée - garcon avec poupée

     Un petit garçon avec sa poupée et sa mini-cuisine, une petite fille qui joue à la voiture et au mécano… Enfin, un catalogue de jouets, celui des supermarchés U, a décidé de mélanger les genres, et de rafraîchir l'image stéréotypée des magazines de jouets.


    Un petit garçon qui joue à la poupée : l’image n’aurait rien d’extraordinaire, si elle n’était pas dans un catalogue de Noël.  Si l’on avait jusque là toujours vu les pages garages et voitures réservées aux petits garçons et celles des poupées et cuisines aux petites filles dans les magazines de jouets, l’un d’eux, celui de Super U, a enfin décidé de changer les codes. On y voit en effet garçons et filles s’amuser avec -presque- les mêmes objets.

    Interrogés par le huffingtonpost.fr, les magasins U ont expliqué qu’ils avaient pris cette décision à la suite de remarques l’année dernière de la part de leurs clients : « Il y a eu plusieurs remontées de clients déplorant que les petites filles étaient systématiquement associées à la dinette, et les petits garçons aux voitures ».

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  • Environnement relationnel

    Si les professionnels de l’enfance ont conscience de la prédominance de la socialisation différenciée sur la génétique, ils rejettent souvent les items concernant leur propre profession ou en lien avec le monde de l’école. Cela signifie par exemple qu’ils ne nient pas le sexisme des manuels scolaires, mais qu’ils ne remettent pas en cause leur propre comportement dans la socialisation différenciée.

     

    L’usage du temps de parole se construit petit à petit. Dès la crèche, on donne la parole plus souvent aux garçons qu’aux filles, et ce quel que soit le sexe de l’enseignant. Même lorsqu’il s’agit d’une question ouverte à toute la classe, la parole est plus souvent donnée aux garçons et on la leur laisse plus longtemps. Tandis que les filles sont plus souvent coupées dans leurs phrases par leurs camarades de sexe masculin, les garçons étant plus prompts à prendre la parole sans qu’elle leur soit donnée. Or, si l’enseignant laisse faire, les jeunes garçons apprennent implicitement qu’ils peuvent couper la parole en toute impunité. Les comportements des adultes conduisent donc les garçons à prendre la parole sans y être invités et à attirer leur attention en étant turbulents.

    Revue française de pédagogie (p.70)

    Et cette stratégie remporte un franc succès puisque, de manière générale, les enseignants accordent plus d’attention aux garçons. Ils sont plus interrogés et plus aidés. Et s’ils sont aussi plus critiqués, ils reçoivent davantage de louanges et d’encouragements. Sans compter que ces éloges font référence à leurs performances, tandis qu’ils se focalisent davantage sur la conduite pour les filles. Par exemple, des copies identiques censées émaner de filles sont jugées favorablement pour leur propreté mais, lorsqu’elles sont supposées être rédigées par des garçons, elles sont louées pour la richesse des idées, l’argumentation et la concision. Peu importe donc la forme si l’on est un élève de sexe masculin, on sera complimenté pour le fond!

    L’accueil des enfants le matin n’échappe pas à la règle: les membres du corps éducatif ne prononcent pas les mêmes mots. S’ils s’adressent à une petite fille, ils se focaliseront sur l’aspect esthétique: «Bonjour princesse! Dis donc, tu as mis des collants de la même couleur que tes barrettes aujourd’hui!», «T’es toute jolie, fais tourner ta jupe pour voir!». Il s’agit à chaque fois de remarques factuelles et non de questions, qui sont réservées aux garçons: «Salut mon grand! T’as fait quoi ce week-end? T’es allé ramasser des champignons?» Lorsque l’on pointe du doigt cette différence de comportement au personnel éducatif, il rétorque que les petites filles attendent ces flatteries et sont déçues si personne n’a remarqué leur nouvelle robe. Il est vrai qu’il est difficile de répondre aux attentes des enfants sans adopter un comportement différencié suivant le sexe. Mais pourquoi ne pas dire aussi à un garçon qu’il a un joli pull et demander aux filles quelles ont été leurs activités du mercredi ou du week-end?

    Littérature enfantine: entre images et sexisme

    Enfants dans des publicités télévisées

    Filles - Garçons (p. 71- 72)

    La petite enfance (p. 65)

    Filles - Garçons à la maternelle (p. 42 - 43)

    D’autant qu’il ne s’agit pas que de quelques mots lors de l’accueil des enfants le matin. C’est tout au long de la journée que filles et garçons ne sont pas encouragés de la même façon. Aux petites filles on demandera d’aider à effacer le tableau, de ranger la salle de classe, soit des activités quotidiennes, de routine. Tandis qu’on posera aux garçons des questions ouvertes, on les sollicitera pour des nouveaux jeux… Sont ainsi renforcés les stéréotypes: les filles font office d’auxiliaires pédagogiques (puisqu’il leur est fréquemment demandé de ranger, ce qu’elles vont finir par faire spontanément, ou d’aider leurs camarades de sexe masculin, tandis que la situation inverse est très rare) et sont vues comme l’incarnation de la tranquillité, tandis que les garçons sont perçus comme agités. Les représentations genrées auxquelles les enfants ont été habitués par la publicité ou la littérature enfantine sont ainsi confortées.

    Filles - Garçons (p. 100 - 101)

    Coin poupée à la crèche

    Filles - Garçons à la maternelle (p. 54 à 57)

    Résultat : il n’est pas étonnant que les rôles sexués soient reproduits très précocement. Et ce même dans le jeu libre, où l’on observe une domination masculine et un effacement des filles. Ainsi, lorsque les enfants s’occupent eux-mêmes avec les jeux mis à disposition et que les adultes sont là pour veiller sur eux mais n’interviennent que très peu, les pousseurs à quatre roues sont pris d’assaut par les garçons. Il y a moins de jeux que d’enfants, mais ce sont les garçons qui vont s’emparer majoritairement (et parfois brutalement) de ces jeux-là. Autre exemple : si les filles jouent ensemble dans l’espace dinette, il arrive que les garçons arrivent et jettent tout. À partir de l’irruption des garçons, les filles vont cesser le jeu.

    Communication émotionnelle

    Attentes et attitudes différentes face aux filles et aux garçons

    La petite enfance

    Les éducateurs, qui ne sont pas forcément formés à observer le jeu libre avec des lunettes «genre», peuvent soit rester neutres et laisser les enfants se débrouiller entre eux, soit intervenir parce qu’ils assistent à une reproduction précoce des rôles sexués. Mais il s’avère que l’indiscipline et la brutalité sont des comportements plus autorisés côté garçons, tandis que les filles seront davantage stigmatisées pour les mêmes actions mais seront en revanche autorisées à laisser s’exprimer leurs émotions. Par exemple, si elles pleurent lorsque les parents leur disent au revoir le matin, elles seront câlinées – tandis que le garçon qui sanglote pour les mêmes raisons ne sera pas dorloté.

    Famili, magazine familial familier des stéréotypes sexistes

    Ces stéréotypes se retrouvent dans la place qui est réservée aux parents des enfants. Le temps de l’accueil est souvent plus important quand c’est la mère qui a amené son enfant que lorsque c’est le père qui est accompagnateur (le temps d’accueil le plus long est consacré à une maman amenant sa fille à l’école, le temps le moins long à un papa conduisant son fils). Aux pères qui viennent chercher leurs enfants, le personnel éducatif ne manquera pas de dire: «Dites à votre femme que…» Ce qui sous-entend que c’est la mère et non le couple qui est responsable de l’enfant. La preuve : lorsque l’enfant est malade pendant la journée, c’est la mère qu’on appellera plutôt que le père! Et, lorsque les deux parents sont présents, l’éducateur va s’adresser davantage à la mère, lui accorder davantage d’attention, ne serait-ce qu’au niveau du regard. Difficile alors pour le père de se sentir investi et de prendre sa place…

    La poupée de Timothée et le camion de Lison

    Évolution historique des recherches sur le genre dans l'enfance

    Bibliographie - Outils

    Tous ces comportements du personnel éducatif ne sont pas intentionnels. Il semble donc important d’amener les professionnels à s’interroger sur leurs pratiques. L’objectif: qu’ils observent de manière scientifique leurs comportements et se rendent compte qu’ils s’adressent effectivement différemment aux filles et aux garçons même si ces institutions enfantines sont pensées en termes universels. En Suisse, un guide à destination des professionnels de l’enfance a ainsi été mis sur pied.

  • Le genre par thèmes

    Qu’est-ce que le plafond de verre ?

    Que signifie l’abréviation LGTB ?

    Qu’appelle-t-on la parité ?


    Vous trouverez des réponses à ces questions dans les rubriques suivantes: culture,  écolefamillehistoire, interculturalitépolitiquesexualitétravail. Ces rubriques proposent un choix de ressources disponibles en français, sélectionnées parmi les études ou recherches les plus marquantes réalisées depuis les années quatre-vingts dans le domaine du genre. Ces ressources vous aideront à construire votre cours en vous fournissant des données quantitatives et qualitatives.

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